Le plan financier intègre :
• l’incidence mécanique du plan opérationnel en termes de capacité d’autofinancement générée par l’entreprise ;
• la variation du besoin en fonds de roulement ;
• les éléments de financement (nouveaux financements et remboursements).
Très souvent, il est important de disposer de prévisions de trésorerie mensuelles sur une période de 12 mois, car cela permet d’apprécier le pic annuel de besoin de trésorerie en fonction :
• de la saisonnalité de l’activité, qui peut entraîner une variation importante du besoin en fonds de roulement en cours d’année ;
• de la calendarisation des actions de redressement (cessions d’actifs…).
De plus, à l’intérieur de la période de cadencement de ces prévisions de trésorerie (par exemple le mois), il convient à nouveau d’identifier le pic de besoin de financement. Ainsi, pour une entreprise réglant ses salaires du mois M le 5 du mois M+1, la plupart des échéances fournisseurs le 10 du mois et encaissant ses créances clients uniquement en fin de mois, le vrai pic de trésorerie se situe après règlements des salaires, fournisseurs et organismes sociaux le 15 du mois, et non en fin de mois.
L’approche prévisionnelle est réalisée en trésorerie brute, c’est-à-dire avant financement du compte clients afin d’apprécier les besoins réels de financement de l’entreprise. L’appréciation des variations du besoin en fonds de roulement est toujours un exercice délicat, et encore plus en période de difficultés en raison de l’existence de situations non normatives et susceptibles d’évoluer rapidement.
On peut citer principalement la difficulté à apprécier l’évolution du crédit fournisseurs pour les deux raisons suivantes :
• il est souvent non normatif en période de difficultés, car à la fois constitué de dettes échues, parfois depuis plusieurs mois, et amputé d’un crédit normal, les fournisseurs exigeant des paiements d’avance ou comptant ;
• l’évolution de la position des assureurs crédit est susceptible de faire évoluer la situation, de façon rapide et significative, sans que l’entreprise ne maîtrise quoi que ce soit sur ce point.
A l’issue de cette première période de 12 mois, le plan financier présente le plus souvent des tableaux de flux de trésorerie semestriels ou annuels à deux ou trois ans, la périodicité mensuelle ne se justifiant plus à un horizon plus lointain.
Il peut être important, selon le niveau d’aléas liés à l’activité et aux hypothèses retenues dans les prévisions d’activité, de réaliser des analyses de sensibilité sur les paramètres clés identifiés (niveau d’activité, coûts d’achats de matières premières fluctuants…).
Enfin, cette période de prévision en flux (flux d’exploitation et flux de trésorerie) doit être close par des situations financières prévisionnelles. Cet élément de synthèse permet en effet aux interlocuteurs de la société et au chef d’entreprise d’apprécier la viabilité à terme des éléments du plan financier et notamment le niveau d’endettement et de fonds propres à deux ou trois ans.
Pour toutes ces raisons, la traduction du plan opérationnel en un plan financier est un exercice techniquement délicat et le recours à un professionnel spécialisé semble le plus souvent indispensable,d’autant qu’il permet de crédibiliser les éléments remis aux partenaires ou tiers participant au refinancement de l’entreprise.