Extraits : Le capital humain : Comment le savoir détermine notre vie
Traditionnellement, les spécialistes définissent « quatre facteurs de production ». Le premier facteur, la terre, va de soi : sans elle, il est impossible de cultiver ou de jeter les fondations d’une ferme ou
d’une usine. Le facteur travail (la main-d’oeuvre) est à l’évidence tout aussi indispensable. Le troisième facteur est le capital, c’est-àdire les actifs, généralement l’argent, nécessaires pour construire une usine et acquérir les machines qui la feront fonctionner. Enfin, le quatrième facteur est l’« entreprise » – ce que John Maynard Keynes appelait les « esprits animaux » –, autrement dit l’esprit d’initiative qui permet de transformer une terre stérile en usine. Revenons au facteur travail. À quelques exceptions près, les économistes envisageaient à l’origine les travailleurs comme une masse indistincte : pourvu qu’ils soient capables et désireux d’accomplir un travail physique, leurs savoirs et leurs compétences importaient peu. Adam Smith, un économiste écossais du XVIIIe siècle, était d’un autre avis : ce qui alimente l’activité économique, ce n’est pas la masse des travailleurs, mais « les talents utiles acquis par les habitants ou membres de la société ». Acquérir ces talents et ces compétences, ajoute-t-il, a un coût pour l’individu, mais une fois acquis, ils constituent « un capital fixé et réalisé pour ainsi dire dans sa personne ».
Selon la définition de l’OCDE, le capital humain recouvre les connaissances, les qualifications, les compétences et les autres qualités d’un individu qui favorisent le bien-être personnel, social et économique.