L'étymologie du manager et du management



L'origine du terme management reste controversée : Origine française "manège" (faire tourner, avoir en main) ou origine italienne "maneggiare" (contrôler, manier, conduire) ? Le management est l'art de piloter une organisation vers ses buts. Il existe plusieurs niveaux de management et donc de pilotage au sein d’une organisation.

Le management stratégique relève essentiellement de la Direction Générale, il concerne le "sommet de la pyramide". Les dirigeants ont pour mission de définir la finalité de leur entreprise. Dans cette acception, la finalité peut être perçue comme la vision philosophique ou politique que le dirigeant a de son entreprise, sur le long terme. C'est à partir de cette finalité que les objectifs stratégiques et opérationnels seront déclinés.

Le management opérationnel est le « relais terrain » du management stratégique, à ce titre il joue un rôle d'interface au sein de l'entreprise, d'aucuns diront "un rôle d'équilibriste". Ce n'est certainement pas le fait du hasard si l'expression "être coincé entre le marteau et l'enclume" revient souvent pour imager le management de proximité, sorte de contremaître des temps modernes.

"Plus vraiment expert mais encore un peu quand même ! Pas vraiment manager mais déjà un peu tout de même !" Telle pourrait être la définition du manager de proximité ou manager de 1er niveau. C'est comme ce nouveau manager de proximité a qui l'on demande de "faire faire" tout en lui demandant de continuer d'être, encore un peu (!), opérationnel car les résultats doivent être au RDV ... Le manager de 1er niveau assure la mise en oeuvre des décisions prises au niveau stratégique. Le manager de proximité a pour but de garantir les résultats et de contribuer à la réalisation de la finalité de l'entreprise. Le manager opérationnel est orienté vers des résultats sur le court terme (1 an voire 1 mois !) ou moyen terme, à la différence du management stratégique qui se caractérise par une vision sur le long terme (3 à 5 ans). Cette distance est à l'origine de nombreuses incompréhensions entre stratèges et opérationnels, notamment lorsqu'il s'agit d'investir du temps dans le développement des compétences des collaborateurs. En effet, les logiques de performance et compétence peuvent à un moment donné s’opposer.

Manager : substantif masculin

Source Cnrtl

Étymol. et Hist.
1. 1785 « organisateur, administrateur » désignant ici un maître de cérémonie (Chastellux, Voyage de Mr. le chevalier de Chastellux en Amérique, 64 ds Höfler Anglic.); 1961 en France, à la suite de management* « personne exerçant des fonctions de direction dans une entreprise » (Le Figaro, 12 oct. ds Gilb. Mots nouv.);
2. 1857 « administrateur, conseiller particulier attaché à une ou plusieurs vedettes du spectacle ou du sport » (O. Comettant, Trois ans aux États-Unis, 94 ds Höfler Anglic.); 1896 en France manager cycliste (Le Vélo, 7 oct. ds Petiot). Empr. à l'angl. manager « celui qui s'occupe de (quelque chose), qui conduit », dér. de to manage (v. manager2), att. dep. la fin du xvie s., plus spéc. dep. le début du xviiie s. comme terme désignant le responsable d'une entreprise ou d'une institution (cf. NED).

Manager : verbe transitif

Source Cnrtl

Étymol. et Hist. 1880 hipp. ménagé « dirigé, entraîné » (Le Sport, 13 oct. ds Petiot); 1896 sports « s'occuper des intérêts, diriger la carrière sportive de » (Le Vélo 16/3, 1b ds Höfler Anglic.); 1969 « diriger, organiser » (Chr. Collange, Madame et le management ds Gilb. Mots nouv.). Empr. à l'angl. to manage « entraîner, conduire, s'occuper de, diriger » att., d'abord sous la forme manege, dep. le xvie s., et qui était à l'orig. un terme d'équit. au sens de « entraîner, dresser » et prob. empr. à l'ital. maneggiare (v. manège), cf. NED.

Management : substantif masculin

Source Cnrtl

Étymol. et Hist. 1957 (Réalités 7/ 1957, 93b ds Höfler Anglic.). Empr., prob. d'apr. l'usage amér., à l'angl. management « action de conduire, de diriger, d'entraîner » dér. de to manage (v. manager2) att. dep. la fin du xvie s. et en partic. dep. la fin du xviiie s. comme terme désignant un ensemble de personnes chargées de l'administration, la gestion ou la direction d'une institution, d'un organisme ou d'une entreprise (cf. NED et P. Négrier, Organisation technique et commerciale des usines. Paris, Dunod, 1918, p. IV : Aux États-Unis (...) depuis nombre d'années l'organisation scientifique du travail − le scientific-management − , est enseignée dans toutes leurs écoles techniques); l'usage du terme « prononcé à la française » a été admis après avis de l'Académie fr. (Arrêté du 12 janv. 1973, Journal officiel, 18 janv. 1973).

De l'intention stratégique à l'objectif individuel

« Le capital humain contribue aux résultats. Il doit comprendre l’importance de sa contribution».

Les différents objectifs individuels s’inscrivent dans une logique collective qui est celle du plan d’action de l'organisation (business unit, service, entreprise ...).

Comme nous l'avons vu précédemment, il existe plusieurs niveaux de management et donc de pilotage au sein d’une organisation. En haut de la pyramide, l’on trouve les dirigeants qui assurent le pilotage stratégique : Les dirigeants traduisent la politique générale définie par le conseil d’administration ou les actionnaires. Ils établissent la finalité et les orientations de l'organisme. A ce titre, il convient qu'ils créent et maintiennent un environnement interne dans lequel les personnes peuvent pleinement s'impliquer dans la réalisation des objectifs de l'organisme.

Dans cette démarche d’élaboration et de déploiement de type « top-down », le top-management (les dirigeants ou membres du CODIR) confie au « middle-management » la mission « de porter la stratégie » au plus près du terrain. Dans les grandes entreprises, le « middle-management » se caractérise par une double notion de « distance » : il est proche du terrain, des opérationnels et il est éloigné du top management, des stratéges. Ces deux strates de management ont rarement l'opportunité de se rencontrer. Entre ces deux "extrêmes" de management, il existe des "managers de managers" qui sont supposés jouer un rôle de "cascading" entre le sommet et la base.

C’est aux managers de proximité qu’il revient de fixer les objectifs individuels. L’objectif individuel est la part contributive attendue par l’entreprise. L’objectif individuel est une déclinaison des objectifs collectifs.